Back to school. Alors que la saga Harry Pooter se rapproche de son dénouement cinématographique (pour les romans, à moins d'avoir vécu sur une autre planète en 2007, vous savez que J.K. Rowling en a fini), il était plus que temps pour AlloCiné de s'offrir une petite virée magique à Poudlard. Oui, l'école existe "pour de vrai". Du moins en kit, répartie à travers sept plateaux des impressionnants studios de Leavesden, dont les 500 000 mètres carrés sont entièrement dédiés aux aventures du jeune sorcier. Ajoutez à cela quelques extérieurs, des fonds bleus ou verts, des images de synthèse et l'art du montage, et l'Ecole de Sorcellerie prend vie à l'écran. Magie du cinéma.
Une première chose frappe le visiteur Moldu : l'ambiance familiale et tranquille qui règne sur le tournage. Il n'y a qu'à voir la joie des jeunes stars de la saga qui se retrouvent tous pour la première fois depuis les séances de répétitions organisées il y a quelques mois. La scène du jour se déroule en effet dans la Grande Salle de Poudlard et tous les apprenti-sorciers -Harry, Ron, Hermione, Neville, Ginny, Cho, les soeurs Patil, Drago- sont réunis pour l'occasion. L'un des jumeaux Weasley, pourtant démissionnaire de l'école avec son frère à la fin du cinquième opus pour lancer son magasin de farces et attrapes, est également de la fête : James Phelps, alias Fred, est en effet l'un des assistants-réalisateurs de David Yates sur le film. Quand on vous dit que c'est une grande famille.
Entre les prises, chacun en profite pour retrouver les copains. Et quand vient la pause-déjeuner, tout le monde (stars, techniciens, doublures, figurants...) se rassemble dans une gigantesque salle aux allures de cantine façon "colonie de vacances. (Très) bonne ambiance donc. Mais on n'en oublie pas pour autant le travail. Et malgré quelques fous rires avec son compère Rupert "Ron" Grint lors de la scène du jour, on est frappé par le nombre de nuances différentes proposées par Emma "Hermione" Watson sur ce dialogue d'une minute entre les amis (et futurs amoureux), qui voit le rouquin demander à sa camarade les circonstances de sa rupture avec Lavande Brown. Les fans comprendront.
Sur ce tournage, on est également frappé par le soucis apportés aux détails. D'accord, c'est un peu normal pour une production de 200 millions de dollars, mais quand même... Dans la bibliothèque de Poudlard, aux rayonnages couverts d'épais grimoires, chaque livre a son titre, et l'on peut trouver, par exemple, un ouvrage dédié au Mode de vie des Moldus Britanniques. Dans la salle commune des Gryffondor, une BD Les Aventures de Martin Miggs, le Moldu Fou traîne sur un bureau, tandis que que différentes petites annonces ("Perdu livre de sorts de 2ème année", etc) se disputent le tableau d'affichage : on ne les verra jamais à l'écran mais ce sont ces petites attentions des décorateurs qui font tout la différence. Dans la chambre des garçons, un seul lit n'est pas fait : celui de Ron, forcément. Dans le bureau de Dumbledore, une lettre destinée au Directeur de Poudlard attend d'être ouverte. Et on découvre avec surprise, derrière le bureau du Sorcier, une antichambre et un gigantesque téléscope qui n'ont encore jamais été montrés dans les films (et qui ne le seront peut-être jamais !).
Au Terrier, des dessins des enfants Weasley (dont un portrait du hibou Errol signé par un tout jeune Ron) égayent les murs. La pendule magique, elle, indique que toute la famille est en "danger de mort" : une scène inédite, inventée pour les besoins de ce sixième opus, confrontera en effet Harry, Hermione, Lupin, Tonks, Ron et sa famille à une attaque de Mangemorts (voir l'interview du réalisateur David Yates pour plus de détails, NDLR). Plus loin, deux plateaux -l'un couvert de fonds bleus, l'autre de fonds verts- sont respectivement dédiés aux scènes de Quidditch et à la séquence de la grotte qui verra Harry et Dumbledore affronter une armée d'Inferi pour atteindre l'une des horcruxes de Voldemort. Un mur couvert des storyboards relatifs à cette scène très attendue attire évidemment notre attention. Hélas, la production est plus rapide : top-secret.
Qu'à cela ne tienne, les magiciens de l'équipe du responsable des créatures Nick Dudman nous dévoilent leur musée des horreurs : dragons, centaures, trolls, basilics, araignées géantes, gobelins, hippogriffes et sombrals parsèment l'atelier dédié à leurs créations, souvent en tailles réelles. Les dernières en date, les Inferi, des cadavres putréfiés qui attaqueront Harry et Dumbledore dans la grotte, sont justement en pleine phase de sculptage. On découvre avec ravissement le résultat, qui devrait être terrifiant. Plus encore que les sinistres Détraqueurs d'Azkaban...
Retour sur le plateau de la Grande Salle, où se termine la scène du jour de "Champion", le titre de travail du film (pour éviter tout piratage). On sent, dans l'interprétation d'Emma Watson, les sentiments d'Hermione pour Ron affleurer sous la surface. Oui, car à Poudlard, au-delà de la magie, des cours et de la lutte contre Vous-Savez-Qui, les hormones bouillonnent. David Yates nous avait prévenus durant la promo de Harry Potter et l'Ordre du Phénix : Harry Potter et le Prince de sang mêlé devrait être un film sex, drugs & rock'n'roll. Surprenant ? Le mieux est encore de demander aux différents talents. Accio, interviews !